Bali

De même, Bali n’est pas l’endroit qui s’est fait la meilleure réputation quant au fait que le tourisme de masse transforme littéralement l’île et cette fameuse culture hindou. On ne jugera pas sans avoir vu, nous y voilà…

Quand on arrive à l’aéroport et que la première chose qu’on fait est de donner de l’argent sans même avoir eu accès au visa, dans une queue interminable d’occidentaux, ça donne le ton à quoi vont ressembler nos prochains jours. On est aussi accablé par la chaleur mais ça nous fait plaisir alors on sort avec le sourire et la première image du pays qu’on aura eu: une armée de, peut-être, deux cents taxis tassés les uns contre les autres contre la barrière en face de la zone d’arrivée. Et c’est aussi le début de cette histoire où nous avons été harcelé en permanence…

Lorsqu’on arrive, on a aucune notion, comment ça fonctionne vraiment, y a-t’il des bus pour rejoindre la ville? Faut-il prendre un taxi? En tout cas, il n’en manque pas… Mais au fait, ça coûte combien ? On nous a prévenu que ça ne coûtait rien mais pour négocier, il faut une base, non ? On prendra ainsi un taxi pour 80 000rp (prix durement discuté- prix de base 500 000rp) soit 5 euros pour faire une quinzaine de bornes. On apprendra après qu’avec le bémo (minibus local), le même trajet valait 6000rp soit 40 cts. Evidemment, il faut penser qu’en privé tout est plus cher et c’est normal mais si vous avez le malheur de trop négocier, le « vendeur » vous boudera et finira par faire une crasse comme vous laisser au milieu de nulle part sous un canard de 45° avec votre sac à dos de 10kg sur le dos. C’est pas le moment de se laisser abattre, ça fait partie du voyage, on sait à quoi s’attendre maintenant, on va à fond dans le jeu en parcourant des rues qui mènent visiblement nulle part et qui vous enfoncent encore plus dans votre perte de notion géographique. C’est épuisant de faire des kilomètres sous la chaleur avec le sac qui devient de plus en plus lourd mais ça reste amusant de voir et de faire autre chose. La mission était de trouver un hôtel dans nos prix: environ 100 000rp pour une nuit, ce qui était sensé exister vu que c’était écrit dans la dernière édition du Lonely Planet. Et bien non les gars ! Pensez-bien qu’à partir du moment où ça figure dans le Lonely Planet, le prix sera au moins doublé puisque tout le monde y va ! En gros, n’achetez pas le Lonely Planet comme tout le monde, ou servez-vous en uniquement pour voir les endroits où, du coup, il ne faut pas aller ! 🙂

On aura finalement eu une chance incroyable après que tous les hôtels nous aient proposées des prix entre 500 000rp et 2 000 000rp (30 et 160euros) alors que le maximum partout pour une chambre de luxe (ce qu’on ne cherche pas) a toujours été jusque-là à 200 000rp (on sent que le tourisme est passé par là), on rencontre Ivy, une balinaise qui nous voyait un peu perdus. Elle comprend qu’on cherche un endroit où dormir et nous dit qu’elle travaille pour quelqu’un qui loue des chambres. Après avoir eu la boss au téléphone, on négocie un prix à 200 000rp (12€). On découvre l’endroit: une villa avec piscine dans un domaine caché. Elle loue la chambre d’habitude à 1 400 000rp et a accepté de nous faire le prix car c’était vide. La boss était australienne, et par la même logique que nous a préféré loué pour pas grand chose plutôt que ce ne soit vide… Mais ça, ça s’appelle la chance du débutant.

Notre regard sur Semyniak: on a découvert ce qu’était le tourisme à Bali: des étendues de bars et de chaises longues avec des blancs affalés n’attendant que de se faire masser ou qu’on leur serve des mojitos. Mais devinez quoi ! C’est le même prix qu’en Australie ou qu’en France (ou à peu près) ! Alors on se demande à quoi ça rime de venir là pour faire les mêmes choses que sur toutes les plages du monde au même prix puisque ces gens-là restent à Semyniak qui ne ressemble en rien à l’Indonésie (à part les gangs et temples hindous). On quittera le plus rapidement possible Seminyak pour trouver le côté balinais plus authentique, moins touristique. On aura aussi eu la chance, quand même, puisque c’était « Galungan » (sorte de Noël à eux). Musique et danses balinaises au rendez-vous, c’est extraordinaire !

Nous voici à Ubud, capitale culturelle de Bali. Oups ! C’est aussi touristique qu’à Semyniak, sauf que vu qu’il n’y a pas de mer, l’ambiance n’est pas la même. Les touristes viennent s’intéresser ici réellement à la culture des balinais. Sauf que vos moment seront souvent gâchés par des « Yes ! Ok ! Taxi ! Yes ! Taxi ! Tomorrow! » ou des « Yes! Ok ! Ok ! Special offer just for you ! » et ça, en longueur de journée alors que les rues sont étroites et que vous ne vous vous êtes toujours pas remis de la chaleur. Par contre, tout est facilement moins cher que dans le sud. Un homestay « Urib Homestay » tenu par une famille adorable pour 100 000rp (sans avoir eu à négocier). Des activités à n’en plus finir: La forêt des singes à l’ambiance Indiana Jones où nous auront rencontré beaucoup de copains macaques, chinois Superman, et varans de 2m de long, promenade dans les rizières, visites de temples hindous et bouddhistes, et des danses balinaises pour seulement 80 000rp. A savoir qu’il s’agit de représentations créés exprès pour les touristes puisque ces danses n’ont lieu d’être que pour les cérémonies religieuses, qui sont très souvent privées. Il manque la durée qui fait monter la transe à son summum (environ 1h30 alors qu’en cérémonie ça peut durer jusqu’à 8h) mais à partir du moment où il s’agit de performances, les musiciens et danseurs sont sincères quant à rapporter ce qui se fait en cérémonie et ne pensent pas uniquement à l’argent que ça leur rapporte. A voir absolument : le Kecak !!! (une parmi les nombreux styles)

Tout de même fatigués de ne pas rencontrer des locaux, comme on l’entendait à notre arrivée, qui ne sont pas sympas avec nous uniquement pour notre argent, nous choisissons de s’écarter complètement des lieux conseillés aux touristes. On modifiera notre itinéraire pour se perdre dans la montagne. Direction Candikuning, qui selon les guides ne paie pas de mine. Il n’y a qu’un temple à aller voir là-bas mais personne ne s’y arrête vraiment en principe pour y rester. Quelque chose de nouveau pour nous: rencontre avec la culture musulmane omniprésente (mosquées, voiles et chants du muezzin rythment la ville et nous embarque dans une ambiance sacrée. Mauvaise surprise à l’arrivée: alors qu’on cherchait à rencontrer des gens qui nous voient autrement que pour l’argent qu’on leur rapporte, à peine sortis du bus, on nous tire par le bras pour une chambre d’hôtel. Après avoir fini par esquiver la personne la plus insupportable du monde on se dirige dans le sens contraire où tout le monde nous indique des endroits pour dormir, histoire de se confronter aux locaux. On arrive dans le quartier exclusivement hindou. Et bingo, les gens se montrent extrêmement accueillants sans autres intérêts. On nous invite à boire le café pour discuter avec les jeunes qui sont les seuls à parler anglais, et les gens sont désolés de ne pas pouvoir nous accueillir pour dormir, n’ayant pas « d’endroit décent » pour le faire. Mais à quoi bon, voici un des meilleurs souvenirs de Bali: Simplement échanger avec des locaux qui s’intéressent à nous comme nous nous intéressons à eux. C’est pas ça le voyage finalement ?

On se dirigera plus tard à Lovina, histoire de profiter de la mer tant qu’on est sur les îles au soleil, mais cette fois-ci dans un endroit dit « très peu touristique et plus détendu ». Et bien c’est faux ! Lovina est certes moins côtoyé toute l’année comme l’est le sud mais les locaux attendent justement toute l’année que la haute saison « juillet/août » arrive, quand le tourisme y explose. Résultat: vous y venez en basse saison pour profiter du calme, vous êtes donc un des rares blancs à y être, par conséquent 10 locaux à la minute vous sautent dessus pour vous vendre quelque chose. Et ça quand vous allez vous reposer sur la plage… Ils sont très forts et attendrissants: ils vous parlent de leur vie, famille et expliquent qu’ils ne gagnent de l’argent que l’été et survivent toute l’année. Mais ils ne perdent pas le nord: après avoir échangé 1h30 et vous avoir satisfait d’avoir eu une conversation avec un local, ils reviennent à la charge « je vous fais les fruits pour 100 000rp »… Mais bon, il faut arrêter de s’énerver au bout d’un moment. Ce sont les occidentaux qui ont tout gâché avec le tourisme. A force d’exhiber leur argent, il ne faut pas s’attendre à une autre réaction. On a pourtant vraiment essayé de discuter pour changer ce regard et expliquer dans quel monde nous vivons réellement, que nous sommes parfois plus pauvre dans notre pays qu’eux dans le leur. On a parfois senti beaucoup de surprise en expliquant nos coutumes, modes de vie, et tendances sociales, comme s’ils découvraient vraiment ce qu’est la France (dans notre cas) alors qu’ils voient et discutent avec des français tous les jours. Mais ça ne changera pas pour autant ce comportement avec les touristes qui est déjà bien trop installé.

Personnellement, on a passé de superbes moments, on s’est intéressé à la culture balinaise comme on a pu, on a tout de même fait des rencontres formidables et inoubliables, mais ce rapport à l’argent nous aura gâché beaucoup de choses, notamment le fait de faire des rencontres sincères. En ce qui concerne la beauté de Bali: on a trouvé ça charmant! Mais rien de spectaculaire, exceptés la culture hindou, ses temples, ses arts et ses cérémonies qui donnent le relief à l’île. Les hindous représentent que 2% de l’Indonésie et Bali en est cette représentation. Il faut y aller pour cela car les paysages seront bien plus fabuleux ailleurs en Indonésie.

Dernière note: on est resté que 10 jours donc sommes loin d’avoir tout vu. On a préféré écourter car on a vite compris que partout où nous irions serait la même histoire. Nous voilà ainsi à Java…

Seminyak

Ubud

Candikuning

Lovina

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